Mon enfant face aux écrans

Face aux écrans
Du bon usage d’Internet…
L’usage des outils numériques et d’Internet est devenu incontournable dans notre société moderne. Il permet une facilité, une rapidité et un élargissement de l’accès à l’information, aux apprentissages et à la découverte du monde. Ces progrès technologiques ont facilité notre vie quotidienne et ouvert de nombreux domaines de connaissance, mais ils ne sont pas sans risque en cas d’excès. On observe un essor phénoménal des jeux vidéo sur de multiples supports ainsi qu’en ligne sur Internet. Il ne s’agit pas de diaboliser les jeux car ils ont des fonctions intéressantes pour l’enfant. En dehors du fait qu’ils le divertissent, ils contribuent à développer des aptitudes (réflexes, dextérité, vitesse d’exécution, rapidité de réflexion, prise de décision, sens de la logique et concentration).
C’est l’usage abusif qui va poser problème et à ce titre, il est intéressant de prendre en compte quelques repères et comprendre certains mécanismes chez nos jeunes.

Parents, informez-vous pour mieux comprendre l’univers de votre jeune et l’aider à s’épanouir…

bien-grandir-avec-ecransC’est l’usage abusif des écrans (télévision, ordinateurs, tablettes numériques, téléphones portables, jeux en console) qui va attirer votre attention.
Dans ce cas, votre enfant consacre de plus en plus de temps et d’attention à cet univers virtuel, il délaisse ses activités habituelles. Il peut même dépenser de l’argent pour faire évoluer
son jeu (personnage, objets, armes, temps de jeu…). Il y passe tout son temps et cela le conduit à négliger sa santé, sa scolarité et ses relations avec les autres.
On parle dans le cas ultime d’un «no-life» («qui n’a pas de vie»).
Si vous jugez que votre enfant passe trop de temps devant les écrans voici les signes qui peuvent vous alerter :
• Nombre incalculable d’heures passées devant l’ordinateur,
• Colères injustifiées,
• Isolement,
• Alimentation déséquilibrée,
• Diminution des résultats à l’école ou démotivation au travail,
• Absentéisme,
• Fatigue due au manque de sommeil,
• Détérioration du réseau social et augmentation des conflits familiaux,
• Dépression,
• Perte de confiance en soi,
• Mensonges et endettement (quand il utilise votre carte de crédit pour développer son jeu ou pour aller dans des cyber-cafés).

On distingue les jeux MMO (Massively Multiplayer Online) qui se jouent connectés à Internet. Ces jeux ne s’arrêtent jamais, que le jeune soit connecté
ou non. Le risque est que le joueur se sente frustré sachant que l’aventure continue sans lui.
Quant aux jeux OFFLINE (hors ligne), ils se jouent sans connexion à internet.
Dans les deux cas, jouer demande beaucoup de temps.
Parents, ne perdez pas de vue que votre enfant a BESOIN de jouer, de s’ouvrir au monde, de développer sa curiosité…
La télévision, les outils numériques, Internet, les jeux vidéo, font partie intégrante de son univers.

Plutôt qu’interdire, accompagnez-le.

Les jeux d’APPRENTISSAGE : Souvent dédiés aux jeunes enfants ils ont pour but d’aider à l’apprentissage scolaire, la découverte de nouvelles langues, l’utilisation d’un ordinateur…
L’aventure peut être jouée avec l’aide d’un parent.
Les jeux de REFLEXION : Jeux d’échecs, solitaire, démineur…, ils développent la réflexion, la logique, l’anticipation.
Les jeux d’ACTION ET D’AVENTURE : L’accent est mis sur l’action et la rapidité de prise en mains, tout en variant les objectifs. L’univers peut se montrer réaliste, médiéval, fantastique, futuriste…
Les jeux de COMBATS (appelés familièrement «jeux de baston») : Le personnage rencontre des adversaires sur une aire de combat. L’univers peut être inspiré de la vie réelle (bagarre de rue, combat de boxe…) ou pas. Ils se jouent seul ou à plusieurs, permettant ainsi de se mesurer à ses amis.
Les FPS (First Person Shooter : jeu de tir à la première personne) : Dans des univers réalistes ou non, on trouve dans ces jeux un bon «défouloir». On peut y développer ses réflexes, son sens de la logique…
Les RPG (Role Playing Game : jeu de rôle) : Le joueur incarne un personnage ou avatar, qu’il a lui-même construit et qui évolue au fil du jeu. L’aventure peut se faire seule ou en groupe appelé «guilde». Des objectifs fixés au départ par des personnages du jeu proposent aux joueurs d’accomplir des quêtes ou des missions. Les RPG apprennent à évoluer en équipe et à développer le sens de la stratégie. Ces jeux nécessitent un investissement important en temps, au risque de bouleverser le rythme quotidien (isolement envers les amis de la vie réelle, baisse de l’activité physique, désintérêt pour la scolarité…). Le jeune peut investir aussi de l’argent pour faire évoluer ses personnages ou payer l’accès à internet dans des cyber-cafés.
Les RTS (Real Time Strategy : jeu de stratégie en temps réel) ou TBS (Turn Based Strategy : jeu de stratégie au tour par tour) : L’objectif principal est de développer son camp par
le biais de constructions, d’apprentissages, d’alliances. Ces jeux développent le sens de l’anticipation et le sens de la prise de décision.

Attention à bien choisir le jeu en fonction du contenu, de l’âge et des capacités de votre enfant.
Certains jeux sont très longs. Encouragez votre enfant à conserver d’autres activités. L’expérience de jeu doit être vécue comme un plaisir et non comme une contrainte ou source de découragement.(voir classification des jeux ci-après)

Ils accompagnent et renforcent les apprentissages ;
Ils permettent de se divertir, vivre des intrigues, des aventures dans des mondes réalistes ou imaginaires ;
Ils offrent le pouvoir de se défouler et d’exprimer une agressivité que le joueur ne peut extérioriser dans la vie réelle. C’est particulièrement le cas avec les jeux de tirs et de combats.
Ils aident le jeune à se sociabiliser dans une saine compétition. A la récréation, ce sont des sujets de discussion et d’intérêt. Ils stimulent leur curiosité pour aller en parler avec d’autres initiés, avec des camarades ou sur des forums de discussion sur internet.
Les rôles des avatars : Dans les jeux de rôle, quand votre enfant se construit son personnage virtuel, son «avatar», il lui donne vie avec des aptitudes et des pouvoirs qu’il aura choisis et/ou qu’il rêve d’avoir. C’est LUI qui contrôle son univers. Réussir ses missions le gratifie. C’est valorisant et rassurant, même s’il évolue dans des mondes imaginaires parfois effrayants, car tout ce qui se passe dans le jeu est codifié et contrôlable. S’il échoue, il peut indéfiniment recommencer. Il peut «mourir» plusieurs fois et renaître. Il combat ses peurs. Il vit tour à tour différentes vies que ce soit dans des rôles violents ou pas, mêlant magie, aptitude au soin etc… Il oublie la réalité de son corps physique (qui peut être source de souffrance ou de complexe) et fait ce qu’il veut avec son corps virtuel. Le risque est qu’il soit plus heureux dans sa vie virtuelle que dans la vie réelle. Il peut chercher ce plaisir en s’y réfugiant constamment.

La cyberaddiction est une dépendance sans substance (pas de consommation de drogues).
Elle est caractérisée par :
- un usage compulsif des outils numériques (l’usager ne peut s’empêcher de se connecter),
- une augmentation du temps passé sur l’ordinateur,
- des intérêts qui se limitent à l’utilisation des outils numériques,
- des symptômes de nervosité à l’arrêt (syndrome d’abstinence),
le fait de continuer à les utiliser malgré les conséquences négatives.

(Inspiré de La règle des 3-6-9-12 du Dr Serge Tisseron (psychiatre))
Pas d’écran avant 3 ans, ou tout au moins les éviter le plus possible.
Pas de console de jeu avant 6 ans. Les jeux numériques accaparent toute l’attention
de l’enfant aux dépens de ses autres activités.
Pas d’Internet avant 9 ans, et Internet accompagné jusqu’à l’entrée en collège.

Aider son enfant à intégrer trois règles essentielles : tout ce que l’on y met peut tomber dans le domaine public, tout ce que l’on y met y restera éternellement, et tout ce que l’on y trouve n’est pas forcément vrai.

Internet seul à partir de 12 ans, avec prudence avec un accompagnement des parents si nécessaire.
Définir avec l’enfant des règles d’usage, convenir ensemble d’horaires de navigation, mettre en place un contrôle parental…
Pour des informations plus complètes :

http://www.anpaa.asso.fr/lanpaa/actualites/autres/128-relations-jeunes-medias-images-les-conseils-de-lassociation-francaise-de-pediatrie-ambulatoire

Une règle nécessaire, mais pas suffisante.
L’usage des écrans doit être encadré par un adulte dès l’enfance et l’enfant éduqué aux médias.

Pour aider au choix des jeux il existe différentes classifications.
La Classification européenne avec la norme PEGI (Pan European Game Information). Cette classification par âge et par contenus est un système destiné à garantir un étiquetage clair pour l’usager.

Classification par âge :

Pegi - 3

Pegi - 7

Pegi - 12

Pegi - 16

Pegi - 18

Classification par contenu :

Pegi - langage grossier
Langage grossier
Ce jeu contient des expressions grossières.

Pegi - discrimination
Discrimination
Ce jeu contient des images ou des éléments susceptibles d’inciter à la discrimination.

Pegi - drogue
Drogue
Ce jeu illustre ou se réfère à la consommation de drogues.

Pegi - peur
Peur
Ce jeu risque de faire peur aux jeunes enfants.

Pegi - jeux de hasard
Jeux de hasard
Ce jeu incite à jouer aux jeux de hasard ou enseigne leurs règles.

Pegi - sexe
Sexe
Ce jeu montre des scènes de nudité et / ou des comportements ou des allusions de nature sexuelle.

Pegi - violence
Violence
Ce jeu contient des scènes violentes

Pegi - on line
En ligne
Possibilité de jouer à ce jeu en ligne.

Si vous souhaitez plus de détails, vous pouvez vous rendre sur le site :
PEGI
www.pegi.info/fr/

La classification ESRB (Entertainment Software Rating Board) évalue le contenu vidéo-ludique pour les supports vendus au Canada et aux Etats-Unis. Pour plus d’informations :
ESRB
www.esrb.org/index-js.jsp

Comme beaucoup de parents, vous vous demandez si le comportement de votre enfant face aux jeux vidéo est «normal».
Sept questions clefs élaborées par le psychologue américain Mark Griffith peuvent vous servir
de repères pour évaluer la situation :

• Votre enfant joue-t-il presque tous les jours ? OUI ou NON
• Votre enfant joue-t-il longtemps sans s’arrêter (3 à 4h de suite) ? OUI ou NON
• Votre enfant joue-t-il pour «l’excitation» ? OUI ou NON
• Votre enfant est-il agité et irritable quand il ne peut pas jouer ? OUI ou NON
• Votre enfant a-t-il abandonné ses relations sociales ou ses activités sportives au profit des jeux vidéo ? OUI ou NON
• Votre enfant joue-t-il au lieu de faire ses devoirs ? OUI ou NON
• Votre enfant essaye-t-il d’arrêter de jouer sans y parvenir ? OUI ou NON

Ces questions ne sont pas exhaustives et n’ont pas pour but de montrer la gravité des jeux vidéo.
Elles ne sont qu’un repère qui permet aux parents de s’interroger sur le comportement de leurs enfants par rapport aux jeux vidéo : le temps de jeu, la fréquence, l’excitation, la scolarité, etc.

Quatre réponses positives doivent attirer votre attention.

Placez l’ordinateur et la télévision dans un endroit passant. Evitez de les mettre dans la chambre de l’enfant.
Instaurez le dialogue avec votre enfant et définissez ensemble les limites de temps de connexion et de jeu. Surtout, ne coupez pas brutalement le courant ou la connexion Internet !
Activez le contrôle parental et limitez le temps d’accès sur l’ordinateur pour l’Internet (bannir les sites à contenus violents ou pornographiques).
Intéressez-vous à votre enfant, à ses jeux, à leur contenu… Jouez si possible avec lui.
Accompagnez-le dans le choix et l’achat de ses jeux, en fonction de son âge et des contenus proposés.

Encouragez votre enfant à maintenir des activités extérieures et planifiez des moments en famille pour retrouver le plaisir d’être ensemble.

• Centre de Consultations Spécialisées en Alcoologie et Toxicomanie (Tel : 40 46 00 67) ou sur le site : http://www.drogue-polynesie.com/contacts/
• Médecin généraliste
• Infirmerie du collège ou du lycée