Je suis consommateurs

Je suis consommateurUne consommation problématique est une consommation qui engendre chez l’usager :
- Des conséquences sur la santé physique et mentale
- Des modifications du comportement
- Des conséquences sur le plan financier et judiciaire
- Des conséquences néfastes sur l’environnement familial, social et professionnel

Malheureusement, il n’est pas toujours évident pour le consommateur de s’en rendre compte.

Votre consommation de drogue ou d’alcool peut rester très occasionnelle et ne pas vous poser de problème. Néanmoins, sans être dépendant, elle peut devenir problématique :
- Les quantités absorbées sont de plus en plus importantes
- La fréquence augmente
- Les conséquences sociales sont de plus en plus nombreuses
Vous pouvez devenir dépendant : prendre des drogues devient un besoin, vous ne pouvez plus vous en passer. Vous finissez par consommer pour ne plus être en manque.

Des remarques répétées de la part de vos proches peuvent constituer des signaux d’avertissement. Ces observations vous permettent de vous poser certaines questions : « Êtes-vous sujet aux sautes d’humeur ? », « Vous arrive-t-il d’être absent à l’école ou au travail ? ». Tenir compte de ces remarques et comprendre pourquoi votre entourage vous en parle peut vous alerter sur le caractère problématique de votre consommation.

Voici quelques indices d’une consommation problématique:
- Vous consacrez beaucoup de temps au produit : pour le chercher, l’acheter et le consommer
- Vous mettez de plus en plus de temps à récupérer après avoir consommé
- Vous évitez d’en manquer
- Vous consommez de plus en plus souvent seul
- Vous délaissez vos activités (sportives, artistiques et autres) au profit de la consommation
- Vous avez besoin d'une plus grande quantité pour avoir les mêmes effets qu’au début
- Vous y investissez de plus en plus d'argent
- Vous échangez des objets personnels pour vous en procurer
- Vous commettez des délits pour continuer à en consommer

Il existe deux types de dépendance :

- La dépendance physique

La dépendance physique apparaît lorsque la personne développe une tolérance, c'est-à-dire que son corps s'habitue à la substance et qu'il lui en faut de plus en plus pour atteindre les effets souhaités, comme au début.
De plus, l'arrêt de la consommation de la substance peut provoquer des réactions de sevrage telles que des tremblements, de l’irritabilité, des problèmes de sommeil, des sueurs, des nausées, des vomissements…

- La dépendance psychologique

La dépendance psychologique est un besoin irrésistible de consommer. La personne sent qu'elle ne peut pas s'en passer. Elle consomme non plus par plaisir, mais parce qu'elle croit avoir besoin d'en prendre pour se sentir bien dans sa peau ou pour mieux gérer le stress, l’ennui, la peur, la peine, l'angoisse ou les situations difficiles.

Pour savoir si vous êtes dépendant, faites le test d’arrêter quelques jours de consommer complètement. Si vous ne ressentez pas de difficulté particulière, alors vous pouvez penser que vous maîtrisez votre consommation. Cela qui ne signifie pas pour autant qu’elle est sans risque pour votre santé. Si c’est trop difficile d’arrêter ou que vous n’y arrivez pas, posez-vous des questions sur la place qu’occupe la drogue dans votre vie. Vous pouvez aussi vous évaluer ici.

Lorsqu’on se sent en difficulté avec les drogues, quelles que soient les quantités consommées ou la fréquence de consommation, que l’on ait ou non le sentiment d’être dépendant, il ne faut pas hésiter à demander conseil et si besoin à se faire aider.
Votre entourage peut, si vous lui dites les choses honnêtement, être plus compréhensif que ce que vous pensiez. Votre entourage peut être à l’écoute et vous soutenir.
Si en parler à votre entourage reste vraiment trop difficile, vous pouvez également en parler à des personnes qui vivent les mêmes difficultés. Si chaque histoire a ses particularités, vivre des situations similaires crée une solidarité mais aussi une expérience qui peut être partagée. Les groupes de parole entre pairs peuvent proposer une aide précieuse et vous soutenir dans les moments difficiles. En Polynésie, vous pouvez contacter :
- Alcooliques Anonymes : téléphone : 40 43 21 63
- Narcotiques Anonymes (produits stupéfiants : paka, ice, cocaïne…) : réunion tous les dimanches de 18h à 19h (local au fond de la cour de l'église Ste Thérèse, quartier Taunoa)

Parfois il est plus facile d’en discuter avec un professionnel de santé parce que vous savez qu’il n’est pas là pour vous juger mais pour vous aider, et qu’il est tenu au secret.
Vous pouvez venir nous rencontrer au CCSAT. Toutes les consultations sont gratuites, confidentielles et anonymes. Appeler le 40 46 00 67 ou nous écrire via ce site internet.
Vous pouvez également en discuter avec un personnel des Dispensaires – Centres médicaux des différents archipels ou votre médecin traitant. Ils sauront vous aider et vous orienter si besoin.

Votre souhait d’arrêter est un des éléments clés. Cette décision va entraîner des changements dans votre vie. Il est important de les anticiper et de s’y préparer.

La première étape consiste à vous interroger sur votre motivation : « Pourquoi ai-je envie d’arrêter ? ». Il n’y pas de bonnes ou de mauvaises raisons pour arrêter, comprendre celles qui vous motivent vous aidera à mieux préparer ce moment.

La seconde étape doit vous amener à anticiper les changements nécessaires à l’arrêt de la consommation. Une sensation de vide ou l’impression d’être perdu sont des sentiments fréquents pendant les phases d’arrêt. Certaines choses vont changer : par exemple, les lieux de sorties ou les fréquentations pourraient devenir des situations à risque.

C’est également l’occasion pour vous de réfléchir à la vie que vous aimeriez avoir.

Il est important de modifier certaines habitudes pour envisager un quotidien sans produit. L’idée de se passer d’un produit que l’on consomme régulièrement peut être inquiétante. Certains moments vont être plus faciles à vivre que d’autres. Imaginez à l’avance par quels moyens vous allez pouvoir résister à la tentation et gérer les moments difficiles.
L’arrêt peut révéler certains problèmes masqués jusqu’alors par sa consommation : tristesse, troubles du sommeil, nervosité, irritabilité, anxiété... Ça peut être décourageant pour la personne. Pensez à pratiquer une activité qui vous permettra d’évacuer le stress autrement que par la consommation du produit (sport, relaxation, danse, musique…)

La prise de drogues peut s’arrêter chez certains consommateurs sans qu’il y ait recours à l’instauration d’un suivi spécifique. Ainsi, l’individu peut puiser dans ses ressources internes et externes (famille, environnement…). Prendre appui sur son entourage est précieux. L’associer à sa décision peut aider à ne pas affronter seul les nombreux changements occasionnés par l’arrêt.
Si vous ne parvenez pas à arrêter, n’hésitez pas à vous faire aider par un professionnel spécialisé (médecin ou psychologue par exemple). A l’écoute de votre situation, il vous accompagnera et vous soutiendra dans votre démarche. (Nous contacter)

Une reprise de ses consommations peut être très décourageante. Pourtant, cela fait partie du parcours et ne doit pas vous faire perdre de vue votre objectif.

Malgré vos efforts, vous avez recommencé à consommer. Vous le vivez comme un échec. Envahi par la déception, la honte, la culpabilité, vous pensez que vous n’y arriverez jamais. Vous risquez de vous replier sur vous-même et ne pas oser demander de l’aide.

Vous devez considérer cette reprise comme une étape et non comme un échec définitif. Elle vous indique que rester abstinent est moins facile que vous ne le pensiez, que la volonté seule ne suffit pas et qu'il vous faut des alliés. Le fait que vous ayez réussi à ne pas consommer pendant un certain temps prouve que vous êtes capable d’arrêter.

Vous remobiliser au plus vite est important. Plus tôt vous réagirez, moins les drogues reprendront de place dans votre vie, plus il vous sera facile d’arrêter. Prenez le temps de vous remémorer votre motivation qui a entrainé cette décision d’arrêter votre consommation.

Recommencer à consommer des drogues n’est pas une preuve que vous n’êtes pas capable d’arrêter, mais bien une possibilité pour vous de «rebondir » et d’utiliser cet événement pour être plus fort lors de vos prochaines tentatives.

Avec le temps, votre besoin de consommer diminuera et ce risque, bien que toujours présent, sera moins important. Cependant, il vous faudra toujours maintenir une certaine vigilance.

- Oser en parler avec l’entourage (famille et amis) : Annoncez franchement à votre entourage votre décision de ne pas prendre de produits. Ainsi, vous n’aurez plus besoin de chercher des excuses pour ne pas consommer. Demandez-leur de vous soutenir.

- Ne pas rester seul quand l’envie de consommer revient : Contactez une personne en qui vous avez confiance, occupez-vous avec des activités qui vous font du bien (sports, loisirs,…)

- Rompre avec les mauvaises habitudes : Listez les mauvaises habitudes de vie qui risquent de vous faire rechuter (exemple : s’arrêter au magasin avant de rentrer chez soi, aller chez les copains qui consomment, rester sans rien faire,…)et adoptez de nouvelles habitudes de vie (exemple : partager des loisirs avec vos enfants, faire du sport, faire des activités qui vous plaisent avec des personnes qui ne prennent pas de produits,…).

- Réapprendre à vivre heureux sans produits : Arrêter de consommer est votre première étape (abstinence). Votre but est surtout de vous sentir bien dans votre peau sans avoir besoin de consommer (sobriété).

- Avoir et faire de nouveaux projets : Redécouvrez des activités qui vous apportent du plaisir (bricolage, pêche, cuisine, activités avec les enfants, voyages…)

- Trouver de l’aide dans les différents organismes tels que les AA, les Narcotiques Anonymes,…dont les membres vivent les mêmes situations que vous.

- Après quelques temps d’abstinence, vous vous sentez bien et vous avez l’impression que vous saurez gérer une consommation modérée. Attention ! Sans vous en rendre compte et malgré vos efforts, vous allez re-consommer comme avant.

- Reprendre ses vieilles habitudes : Faites régulièrement le point et vérifiez que vous maintenez vos nouvelles résolutions de vie qui vous ont permis d’arrêter votre consommation. On trouve toujours une bonne excuse pour laisser progressivement les anciennes habitudes se réinstaller.

- L’isolement est souvent source d’angoisses donc programmez votre journée pour rester entouré et soutenu.

- S’occuper pour ne pas s’ennuyer et se sentir utile, être satisfait de sa journée

- Découvrir ou re-découvrir des activités (même de petites choses) qui vous font plaisir

- Identifier et se préparer aux situations à risques : (être accompagné dans les soirées par quelqu’un qui ne boit pas ou qui ne consomme pas de drogues, emporter ses propres boissons sans alcool, s’éloigner des personnes qui pourraient vous tenter,….)

- Avoir une bonne hygiène de vie (nourriture, sommeil, activités physiques, …)

- Préparer des réponses d’avance pour des situations- pièges telles que: « une seule bière, ça ne fait pas mal ! », « si tu ne prends pas de verre ce n’est pas la fête ! »… Imaginer déjà des dialogues et les réponses possibles

- Dire les choses avec assurance. Soyez sûr de vous-même quand vous refusez