Je suis enceinte

enceinteUne femme enceinte, usagère de drogues, est souvent perçue comme une «mauvaise mère». Elle peut ressentir de la honte, de la culpabilité, ce qui ne l’encourage pas à aller chercher l’aide dont elle a besoin.
Et pourtant... La grossesse peut être le moment de se faire accompagner par un médecin ou une équipe médicale afin de réduire les risques pour soi et pour le bébé.
Tout usage de substances psycho-actives a un impact sur le développement du bébé.
La grossesse est un moment privilégié pour prendre soin de soi et de l’enfant à naître, en repensant ses habitudes et ses consommations.

Si vous avez des problèmes de consommation de tabac, d’alcool ou de drogues, que vous être enceinte ou que vous envisagez de le devenir, n’hésitez pas à venir demander de l’aide auprès d’un professionnel de santé : à votre médecin ou votre sage-femme.

Vous pouvez aussi vous tourner vers :
le Centre de Consultations Spécialisées en Alcoologie et Toxicomanie qui est un service gratuit, confidentiel et anonyme.
Prenez-rendez vous au 40.46.00.67

La fumée de Tabac contient plus de 4000 substances toxiques et cancérigènes.
Chez la femme en particulier, le tabagisme agit de façon néfaste sur la fécondité, le déroulement de la grossesse, l’accouchement et la santé de l’enfant.

Les femmes fumeuses sont moins fécondes et ont plus de mal à concevoir un enfant. Le tabagisme multiplie les risques de fausses couches et de grossesses extra-utérines. Les accouchements prématurés sont plus fréquents.

Les produits toxiques de la fumée comme le monoxyde de carbone et la nicotine, traversent le placenta. Le tabac est ainsi responsable de retard de croissance du foetus et du développement de son cerveau. Les femmes fumeuses donnent plus souvent naissance à des bébés de petit poids et de petite taille.

Les maladies respiratoires comme l’asthme et les bronchites, ou encore les otites sont plus fréquentes chez le nourrisson.

Le tabagisme chez la mère ou le père est identifié comme la première cause de mort subite du nourrisson.

Enfin, le tabac affecte la production de lait maternel.

Pour les femmes, la survenue d’une grossesse constitue souvent la raison la plus importante pour arrêter de fumer.
Si certaines y parviennent sans aide, d’autres échouent en raison d’une dépendance nicotinique trop forte.
A défaut, elles tentent souvent de réduire leur consommation sans savoir que les bénéfices de tant d’efforts restent modestes voire nuls.
En effet, en recherchant la nicotine dont elles ont besoin, elles vont fumer différemment et s’intoxiquer tout autant avec les autres composants toxiques du tabac, en particulier le monoxyde de carbone qui traversent facilement la barrière placentaire et exposent directement le fœtus à de nombreuses complications.

Il est préférable d’arrêter de fumer avant la conception ou au début de la grossesse. Néanmoins, il n’est jamais trop tard pour arrêter, les bénéfices sont immédiats pour le fœtus. Faites vous aider. La prescription de substituts nicotiniques est possible même pendant la grossesse. Ils peuvent vous être délivrés gratuitement au CCSAT si vous effectuer un suivi régulier.

Comme pour le tabac, la fumée du paka est dangereuse car elle contient des goudrons et du monoxyde de carbone et occasionne donc les mêmes risques pour le fœtus. (Voir Tabac)
Elle contient en plus du THC qui traverse la barrière placentaire. Il peut avoir un impact sur le poids du bébé (petit poids), peut provoquer des accouchements prématurés et des risques de malformation.
L’alcool traverse le placenta vers le fœtus et portent atteinte aux cellules en développement.
Le bébé dans le ventre de sa mère ne peut pas métaboliser l’alcool aussi rapidement que l’adulte, il est exposé durant plus longtemps qu’elle à ses effets.
La consommation d’alcool sous quelque forme que ce soit est dangereuse pour le fœtus ; l’alcool est tératogène, ce qui signifie qu’il peut causer des malformations congénitales.
De plus, l’exposition à l’alcool va engendrer chez le bébé des conséquences néfastes qui persisteront toute sa vie.

La forme la plus grave est le Syndrome d’alcoolisme fœtal

Le syndrome d’alcoolisme foetal provoque une variété de déficiences pour le bébé tant sur le plan mental et physique, que sur le développement. Il est la conséquence directe de la consommation d’alcool par la mère, durant la grossesse.
Le cerveau et le système nerveux central du fœtus subissent des dommages permanents. La croissance et le développement psychomoteur du bébé peuvent être retardés et ainsi créer des troubles sur le comportement et l’apprentissage de l’enfant durant toute sa vie future et de manière irréversible.

On retrouve principalement :

• Un défaut de développement du cerveau
• Un visage marqué par des déformations faciales particulières
• Un retard de croissance physique
• Des anomalies cardiaques
• Des troubles du comportement tel que l’hyperactivité, un retard intellectuel et cognitif
• Des troubles de l’apprentissage et de socialisation

L’alcool est l’une des principales causes évitables de retard de développement et d’anomalies congénitales chez le nouveau-né.

Durant la grossesse, il n’y a pas de quantité minimale d’alcool qui soit sans risque pour le fœtus ; il est recommandé de ne pas boire d’alcool pendant toute la grossesse, même de la bière.

La grossesse constitue une situation à haut risque chez la femme consommatrice d’héroïne ou d’opiacés. Le risque d’avortements spontanés est très élevé.
Le poids du bébé à la naissance est faible dû à un retard de croissance important durant la gestation.
Les risques de toxémies gravidiques et d’éclampsies (complications de la grossesse avec HTA non contrôlée, insuffisance rénale et crises convulsives) sont fréquents ;
On retrouve plus de morts subites du nourrisson chez les mères qui ont consommé pendant leur grossesse.

La dépendance de la mère peut entraîner des états de manque chez le fœtus, entraînant un stress sévère chez le bébé (qui se manifeste par l’émission de méconium dans le liquide amniotique) ; c’est pourquoi il ne faut jamais faire de sevrage brutal d’héroïne ou d’opiacé, qui pourrait entraîner une interruption de grossesse.
Le suivi médical pour accompagner le sevrage de la mère est donc impératif. La grossesse peut être le moment de faire une substitution par méthadone ou buprénorphine (Subutex), afin que le bébé ne souffre pas, ni de l’arrêt de la consommation de drogue, ni des micro-sevrages entre deux prises de drogues.
Le traitement par substitution n’induit pas d’effet indésirable pendant la grossesse et prévient donc la souffrance fœtale liée aux alternances de sevrage et d’intoxication.

Du côté de la mère, ces substances provoquent essentiellement des avortements spontanés, des risques d’accouchements prématurés et des complications cardio-vasculaires lors de l’accouchement.

Du côté de fœtus, les risques sont :
- Le syndrome de sevrage à la naissance : le bébé a du mal à trouver le sommeil, à se nourrir, il est nerveux et pleure au moindre bruit
- Des retards de croissances avec insuffisances placentaires, des souffrances fœtales chroniques, des infarctus cérébraux avec risques d’hémorragies intracrâniennes, des malformations de l’appareil génital et urinaire, voire même des troubles de l’apprentissage dans l’enfance

Ces drogues passant dans le lait maternel, l’allaitement est exclu si la mère continue sa consommation.

En fonction de la période de la grossesse, certains médicaments peuvent être dangereux et risquent de provoquer des effets néfastes sur le développement du bébé, comme les benzodiazépines, les anti-inflammatoires, les anticoagulants, et bien d’autres…
Les effets des médicaments sur le bébé, pendant la grossesse peuvent être :
• Tératogènes malformations physiques)
• Fœto-toxiques (atteintes de croissance)
• Néonataux (complications en fin de grossesse ou lors de l’accouchement)

Durant toute la durée de votre grossesse, demandez toujours l’avis de votre médecin avant de prendre des médicaments, même si cela vous semble sans danger.

Vous êtes plus sensible au stress que d’ordinaire, durant cette période particulière de votre vie. Devenir mère est un gros changement pour vous.
L’arrêt d’un produit peut aussi entraîner du stress pendant la grossesse.

Mieux vous apprendrez à gérer votre stress, et plus vous serez à l’abri des tentations de consommation de drogues et d’alcool.

1. Evacuez les tensions, décompressez :
Marquez des pauses dans votre journée : ménager vous du temps pour lire, écouter de la musique, discuter avec des amis, rire... Pensez à vous organiser régulièrement une journée antistress dans votre semaine et durant tout le long de votre grossesse. Faites-vous plaisir avant tout !

2. Faites du Sport :
Il vous permettra de canaliser votre énergie et d’évacuer les tensions, faites quelque chose d’adapté à votre grossesse (marche à pied, nage…)

3. Reposez vous :
La quantité de sommeil sera plus importante durant votre grossesse, n’hésitez pas à vous accorder des siestes et des nuits de sommeil plus longues… Lorsque le sommeil est réparateur il a une influence sur le moral et donc sur le stress !

4. Mangez équilibré : mangez de tout, un apport en vitamines et minéraux suffisant va influencer positivement votre moral ; et surtout mangez au calme !

5. Positivez :
Ne vous laissez pas polluer par les idées négatives et apprenez à exprimer vos émotions. C’est normal d’avoir des doutes, mais ils ne doivent pas être néfastes pour votre moral.

6. Faites de la relaxation :
Pratiquez la sophrologie ou le yoga ; ces techniques vous permettront de vous concentrer sur votre respiration mais aussi sur l’évacuation des tensions physiques et morales. Ce sont d’excellentes techniques antistress !

7. Fixez-vous des limites :
Ne vous laissez par déborder par votre travail ou par vos activités ménagères ; passez le relai à vos proches ; vous avez le droit d’en faire moins pendant votre grossesse !

8. Accordez-vous des moments de grand calme :
Eteignez votre téléphone, votre télé ou ordinateur quelques heures, afin de vous sentir en harmonie avec votre bébé sans être parasitée par les écrans.

9. Reprenez contact avec votre nouveau corps :
Ménagez-vous des temps de soins ou de massages, demandez à un proche de vous masser…

10. Faites des activités Manuelles :
Tout ce que vous aimez faire est bénéfique : couture, artisanat, décoration, peinture… Les activités permettent de se concentrer sur autre chose et de détendre l’esprit.