Paka

Qu’est-ce que c'est ?

pakaLe cannabis, appelé localement “pakalolo”,(« l'herbe qui rend fou ») est une plante résineuse importée dans le pays dans les années 70.
Il existe 3 grandes variétés de plants dont 2 cultivées pour leur haute teneur en principe actif : cannabis indica et cannabis sativa.
Comme toutes les autres drogues d’origine naturelle (champignons, cocaïne, opium, datura…) le paka est un produit dont la toxicité a été prouvé par de nombreuses études scientifiques.

Qu’est-ce que cela contient ?

Le cannabis renferme plus de 400 composants dont une soixantaine de cannabinoïdes.
Les composants les plus connus sont :
– des goudrons nocifs pour les poumons, présents en quantité beaucoup plus importante que dans le tabac (1 joint = 6 cigarettes)

– le delta-9 THC (TetraHydroCannabinol), un puissant cannabinoïde agissant sur le cerveau, responsable de l’ivresse cannabique.
Le climat chaud et humide de la Polynésie française favorise la haute concentration enTHC et donc la toxicité du PAKA. La prise de risque est ainsi considérablement augmentée

– le CO (monoxyde de carbone) qui entraîne un manque d’oxygène dans le corps, responsable de l’essoufflement rapide des consommateurs de paka.
Tous ces produits sont naturellement présents dans la plante.

Comment ça se présente ?

Le paka peut être préparé sous plusieurs formes plus ou moins élaborées :
– l’herbe (bonbon, marijuana ou marie-jeanne, ganja, beuh, pot, bison vert) : fleurs, feuilles, tiges séchées et principalement fumées en joint (cigarette artisanale de forme conique mélangée ou non à du tabac)
– la résine (H, haschich, shit, chichon) obtenue à partir des sommités fleuries de la plante se présentant sous forme de blocs agglomérés. La résine est fréquemment coupée avec d’autres produits plus ou moins toxiques : henné, cirage, paraffine, talc, aspirine, caféine…
– l’huile de cannabis qui est un concentré issu d’une extraction à l’aide de solvants.

Le THC contenu dans la fumée est absorbé par les poumons et passe rapidement dans le sang. Il diffuse dans les tissus et s’accumule dans les organes riches en graisse, en particulier le cerveau.
L’utilisation de la pipe à eau (soupape, narguilé) ne permet pas de filtrer la fumée. Ce mode de consommation fait pénétrer les fumées plus profondément dans les poumons, augmentant ainsi très fortement l’inhalation de produits toxiques.

Le paka peut aussi être ingéré lors de certaines préparations (space cake…), les effets apparaissent alors plus tardivement et peuvent générer un état d’anxiété.

Quel que soit le mode de consommation, la toxicité du produit demeure et l’élimination, principalement par le foie, se fait lentement (quinze jours minimum).

paka-kakemonoLes effets varient d’un consommateur à l’autre.
Aujourd’hui on sait que l’état physique du consommateur, la composition du produit, la quantité, le mode de consommation et le contexte influent sur les effets ressentis,

Quels sont les effets ?

D’une manière générale, fumer du paka provoque une ivresse dès les premières bouffées.
– désinhibition légère à importante avec excitation
– sensation de détente, légère euphorie, plaisir, envie incontrôlable de rire sans raison particulière
– baisse de la vigilance, ralentissement des réflexes, somnolence

Ces effets s’accompagnent de sensations physiques :
– bouche sèche ;
– yeux rouges, pupilles dilatées
– humeur changeante, anxiété
– stimulation de l’appétit quand les effets disparaissent.

Parfois la première consommation peut provoquer un sentiment de malaise ou d’angoisse.

Combien de temps durent les effets du paka ?

Les composants actifs contenus dans la fumée de paka passent des poumons dans le sang et atteignent le cerveau en moins d’une minute. Même s’il reste des traces de paka dans l’organisme pendant plusieurs jours ou semaines en cas de consommation régulière, les effets sur les sensations, les perceptions, les comportements durent de 2 à 4 heures. Lorsque le pakaest ingéré, les effets n’apparaissent qu’après digestion (1 à 2 heures) et ont une durée un peu plus longue (4 à 6 heures).

Risques fréquents :

– vertiges
– nausées
– troubles de l’attention
– concentration altérée
– ralentissement des réflexes
– oubli de se protéger dans les situations à risques (rapports sexuels non protégés, port du casque…).

Le «bad trip »

L’expression « bad trip » signifie, en anglais, mauvais voyage. Elle désigne un sentiment de malaise intense et de perte de contrôle de soi pouvant se transformer en véritable traumatisme et laisser un souvenir marquant : crise de panique, angoisse, sentiment de persécution.

Des usagers, souvent peu habitués à l’usage de paka, appellent également « bad trip » les nausées qui surviennent parfois et qui cessent avec les vomissements.

Certains facteurs peuvent favoriser l’apparition d’un « bad trip » : mélange avec l’alcool ou d’autres drogues, première expérience du paka, contexte défavorable…
Lorsqu’une personne fait un bad trip, il faut rester calme et faire son possible pour la calmer également. Dans la mesure du possible, il faut sortir faire quelques pas avec elle dans un endroit calme et aéré, la tranquilliser et la rassurer : les effets vont se dissiper. Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à demander de l’aide au 112 ou le 15 ou le 18.

Troubles de la mémoire

Le paka altère la mémoire immédiate et peut donc diminuer les capacités d’apprentissage. La mémoire immédiate est celle qui permet de garder en mémoire quelque chose que l’on vient d’entendre, de voir, de percevoir. Sous l’effet du paka, la personne n’éprouve pas de difficulté à se souvenir des choses apprises dans le passé, mais elle peut connaître une forte diminution de sa capacité à apprendre les choses nouvelles et à s’en souvenir. Contrairement à ce que l'on pensait jusqu'ici, la mémoire pourrait aussi être affectée de façon définitive chez les usagers précoces.

Perte de motivation

Les effets du paka, notamment la sensation de « planer » souvent décrite par les usagers, limitent la capacité et l’intérêt à réaliser des tâches d’apprentissage ou des tâches qui demandent une certaine concentration (scolaires, professionnelles, etc.). Aussi, sous l’effet d’une consommation régulière de paka, les projets de toutes sortes peuvent apparaître plus difficiles et moins motivants. En cela, l’usage du paka peut conduire à une réelle réduction d’un certain nombre d’activités et d’initiatives pourtant nécessaires à la vie personnelle et à l’intégration sociale, et entraîner une déscolarisation ou la perte de son emploi.

Dépendance psychologique

Dès qu’il devient difficile de se passer de paka, on peut parler de dépendance. Avec les drogues, la dépendance peut se manifester de deux manières.
Physiquement, lorsque le manque provoque une souffrance intense qui ne peut être calmée qu’avec une nouvelle prise de drogue ou avec un traitement approprié.
Psychologiquement, lorsque l’usager ressent la nécessité, peu à peu quotidienne, de consommer pour retrouver les effets et les sensations qu’elles procurent. Avec le paka, il n’y a pas de signes physiques caractéristiques de la dépendance.
En revanche, les signes de dépendance psychologique sont beaucoup plus fréquents. Ils se manifestent notamment par un sentiment de malaise, par une plus grande irritabilité (énervement, stress), par des troubles du sommeil qui apparaissent lorsque l’usager manque de paka. Bien sûr, comme avec les autres drogues, l’intensité de la dépendance est liée aux habitudes de consommation, aux quantités utilisées, à la personnalité de l’usager, à ses conditions de vie.
Ainsi, plus l’usage de paka est fréquent, plus l’usager se sent mal quand il n’en a pas ou quand il redoute de ne pas en avoir, plus le risque de dépendance est important. Un usager régulier qui arrête de consommer a besoin de temps pour s’adapter à une vie sans paka.
L’arrêt peut être difficile à surmonter et, comme avec toutes les drogues, il peut laisser réapparaître un mal-être que l’usage de drogue visait à cacher.
Ainsi, décider d’arrêter est bien plus qu’une question de volonté. Plus la personne qui souhaite arrêter est dépendante, plus ce passage peut être difficile et nécessiter une aide extérieure.

Troubles de la mémoire et de l'attention

Un déclin marqué du quotient intellectuel a été retrouvé chez ceux qui ont commencé leur expérimentation du paka dans l'adolescence, et qui sont ensuite devenus des fumeurs réguliers - au moins quatre fois par semaine -, pendant une longue période.
Cette consommation a un impact sur leur existence puisque les amis et membres de la famille de ces consommateurs réguliers initiés très tôt au paka ont remarqué chez leurs proches des troubles de mémoire et des pertes d'attention.
Jusqu'ici certains pensaient que les troubles de la mémoire et de l'attention disparaissaient à l'arrêt de la prise de cannabis. Une étude récente montre que les perturbations sont peut-être irréversibles, et suffisamment importantes pour être gênantes dans la vie quotidienne.

Troubles mentaux

Il est important à ce sujet de distinguer les troubles mentaux passagers, ou aigus, des maladies mentales.
Des troubles passagers comme l’anxiété, les crises de panique, des épisodes dépressifs ou délirants peuvent être déclenchés par un usage de cannabis, même occasionnel. Ils peuvent parfois nécessiter une hospitalisation et des traitements médicamenteux, mais ils disparaissent habituellement en quelques semaines.
Quant aux maladies mentales qui affectent durablement les personnes, il est établi que l’usage de cannabis peut déclencher des troubles graves chez les personnes prédisposées. Il peut également aggraver les troubles des personnes déjà atteintes.
A propos de la schizophrénie : plusieurs études suggèrent que le risque d’apparition de cette maladie mentale est plus élevé au sein de la population des personnes ayant consommé du cannabis à de nombreuses reprises avant 18 ans. Ce risque augmenterait encore avec l’importance et la précocité de la consommation.

De nombreuses études ont montré que le cannabis pourrait accélérer l’apparition de troubles mentaux chez des personnes qui, plus fragiles ou vulnérables, seraient déjà susceptibles de les développer.

Risques pulmonaires

Les effets du cannabis fumé sur les poumons sont proches de ceux du tabac. De plus, le THC dilate les bronches et les alvéoles pulmonaires et permet à la fumée d’y pénétrer plus facilement. Cela peut provoquer l’irritation de la gorge et des bronches (voie enrouée, toux, bronchite). De récentes études montrent que la survenue de cancer des voies respiratoires et du poumon chez les sujets de moins de 40 ans est souvent associée à un usage régulier de cannabis.

Quels sont les risques pour les fumeurs passifs ?

Le « fumeur passif » est celui qui ne fume pas lui-même mais qui respire la fumée dégagée par les fumeurs. Comme avec le tabac, l’exposition passive, quand elle est régulière, représente un risque pour la santé, notamment pour les voies respiratoires, mais elle n’est que rarement suffisante pour ressentir les effets du cannabis.

Risque cardiologique

Le cannabis peut provoquer une accélération du rythme cardiaque et être responsable de palpitations. Par ailleurs, l’oxyde de carbone contenu dans la fumée peut provoquer des lésions du muscle cardiaque. Aussi, les personnes souffrant de pathologies cardiaques seront plus exposées à des risques de complications.

Paka et sport

Le paka fait partie de la liste des produits stupéfiants-dopants dont la consommation est interdite aux sportifs. Contrairement aux idées reçues, le paka baisse les performances physiques :
– baisse du tonus musculaire
– troubles de la coordination
– augmentation de la fréquence cardiaque de repos et à l’effort.
Le paka est donc un anti-dopant.

Paka et conduite

Consommer un joint de paka avant de prendre son véhicule, équivaut à la consommation de 2 bières. Le risque de se blesser ou de blesser une personne est ainsi dangereusement augmenté.
Les conducteurs-consommateurs, conscients de la diminution de leurs capacités, pensent à tort pouvoir limiter les risques, en modérant leur vitesse, en augmentant les distances de sécurité et en évitant de doubler.
Malheureusement l’incapacité à gérer les situations d’urgence demeure malgré toutes ces précautions.

Paka et médecine

Les connaissances actuelles encouragent les scientifiques internationaux à étudier les effets antalgiques (contre la douleur), anti-nausée et orexigène (stimulant l’appétit). La finalité étant l’administration médicalement contrôlée par un moyen autre que la forme fumée très toxique.
A l’heure actuelle, le paka n’est pas considéré comme un médicament mais comme une drogue.

Risques professionnels

Toute profession qui engage sa propre sécurité et a fortiori celle d’autrui est une profession à responsabilité : transports, conduite de machines-outils, port d’armes, etc. D’ailleurs, l’usage de paka, ou d’autres drogues, interdit l’exercice de certaines professions et des tests de dépistage sont pratiqués couramment par des entreprises de transport. Toute tâche qui demande de la concentration, de la vigilance, de la mémoire et une bonne appréciation de son environnement est incompatible avec les effets du cannabis.

Usage de paka chez la femme enceinte

Voir "Je suis enceinte"

Consommer (fumer), planter, même pour sa propre consommation personnelle, fabriquer, transporter, donner, vendre, importer, exporter…de la drogue, tel que le “pakalolo” sont interdits par la loi (interpellations, poursuites judiciaires, sanctions,…).

Voir « drogues et loi »

« Tester sa consommation de paka »

Je manque d’énergie pour faire des choses qui m’intéressaient habituellement.
– Je suis anxieux, irritable, si je ne consomme pas.
– J’ai eu des problèmes psychologiques (anxiété, sentiment de persécution, bouffée délirante…) pendant ou après un usage de paka (cannabis).
– J’éprouve le besoin de fumer du paka (cannabis) pour me sentir bien et supprimer un mal être.
– On m’a déjà fait des remarques sur ma consommation.
– Ma consommation perturbe ma vie professionnelle, mes études, mon travail.

Si vous vous retrouvez dans au moins 3 de ces situations, il est important de demander de l’aide à une personne qualifiée de votre choix, et en qui vous avez confiance.
Cela ne vous impose pas de vous engager, quelque soit votre situation.