"Cannabis" est le nom latin du chanvre, plante de la même famille que le houblon. Il en existe deux espèces quasiment jumelles : « Cannabis sativa indica » ou chanvre indien, à partir de laquelle est produite la drogue dont l’usage, la production, la vente et la simple possession sont interdits. « Cannabis sativa sativa » ou chanvre textile, dont la culture est autorisée en particulier pour ses fibres dont on tire la corde de chanvre, des vêtements, du papier.
Le cannabis se présente sous plusieurs formes :
• La marijuana ou herbe de cannabis est un mélange séché de feuilles et d’extrémités résineuses des plants femelle.
• Le haschisch est la résine des extrémités de la plante, obtenue par pressage. Il se présente sous la forme de barrettes, de boulettes ou de briques (savonnettes).
• L’huile de cannabis est un liquide noirâtre, gras et onctueux. Elle est obtenue par macération de haschisch et d’alcool.
• Herbe et résine de cannabis ont de nombreuses appellations : beuh, shit, chichon, zamal, etc. ou marocain, libanais, afghan, jamaïcaine, thaï, selon leur origine.
Le THC (Tétra Hydro Cannabinol) est le principe actif du cannabis dont l’action sur le système nerveux modifie les sensations, les perceptions et le comportement de l’usager. La concentration en THC du cannabis est, en moyenne et selon les échantillons, de 10 % pour la résine et 6% pour l’herbe. Plus elle est élevée, plus les effets du cannabis sont importants.
L’herbe, la résine ou l’huile sont principalement fumées.
• Soit sous forme de cigarettes roulées à la main : c’est le « joint » (ou pétard, stick, etc.). La résine est toujours mélangée à du tabac. L’herbe peut être fumée pure mais est souvent mélangée au tabac.
• Soit avec différents types de pipes, avec ou sans tabac : pipes à eau, shilom, bang, bambou, douille, etc.
• Soit en déposant quelques gouttes d’huile sur une cigarette de tabac ou en dévidant celle-ci pour la remplir de mélange huile/tabac.
Plus rarement, le cannabis peut être ingéré sous forme de préparation culinaire (gâteau, omelette, infusion, etc.).

Attention ! Les effets du cannabis apparaissent rapidement après la première bouffée et peuvent être limités simplement en arrêtant de fumer. Mais lorsque le cannabis est ingéré, les effets apparaissent au bout d’une à deux heures et il n’est plus possible de les stopper ni même de les contrôler.

Le bang : à l’origine, il s’agit du bambou dans lequel fument les consommateurs asiatiques. Bricolé à partir d’un tube de carton ou d’une bouteille en plastique, il permet d’aspirer d’un seul coup une grande quantité de fumée. Cette pratique est dangereuse car elle peut provoquer des vertiges pouvant aller jusqu’à l’évanouissement.

Les pipes à eau : c’est le principe du narghilé oriental qui refroidit la fumée en la faisant passer dans un bain d’eau. Sous l’effet d’une forte aspiration, la fumée passe à travers l’eau en provoquant un gargouillement caractéristique.

Attention ! La fumée, les goudrons et la nicotine ne sont pas filtrés par l’eau. Plus généralement, le narghilé ne réduit pas les risques liés à la consommation de tabac ou de cannabis.

En France, le prix du cannabis varie de 4 à 8 euros le gramme. En moyenne une barrette de 3 grammes de résine ou un sachet de 3 grammes d’herbe coûtera entre 15 et 20 euros. Une étude récente de l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies montre que les usagers qui achètent régulièrement du cannabis dépensent, en moyenne, entre 20 et 100 euros par mois (à cela s’ajoute souvent le prix du tabac). Cependant, l’estimation précise du coût d’un usage régulier de cannabis dépend de plusieurs facteurs comme la quantité consommée, le type de cannabis, du nombre d’usagers qui partagent les « joints », etc.

Attention ! Il y a une tentation de "cotiser" entre amis pour obtenir un meilleur tarif ou de plus grandes quantité. Cette pratique dite « d’achat groupé » est assimilée par la loi à un acte de trafic. Les peines encourues peuvent être extrêmement lourdes.

Non. Le cannabis est un stupéfiant dont l’usage, la culture, la vente ou la simple détention (le seul fait d’en avoir sur soi ou chez soi) sont formellement interdits. Cette interdiction concerne toute la plante, mâle ou femelle, les graines, le pollen, l’herbe, le haschich, l’huile, quelles que soient les quantités. L’usage de cannabis est une infraction dont la peine peut aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende. La culture est considérée comme un acte de trafic grave dont la peine peut aller jusqu’à vingt ans de réclusion et 7 500 000 euros d’amende quelle que soit la quantité. Le cannabis est toujours un stupéfiant, quelle que soit sa teneur en T.H.C. (principe actif du cannabis). Toutefois, les fibres et les graines de certaines variétés qui contiennent très peu de T.H.C. peuvent être utilisées par des entreprises habilitées pour la fabrication de divers produits (boissons, textiles, cosmétiques).
Il existe plusieurs possibilités d’aide, d’accompagnement, parfois de soins pour faire face aux problèmes posés par l’usage de cannabis ou de toute autre drogue. Elles concernent aussi bien les usagers que les personnes de leur entourage.
Des documents d’informations édités par les pouvoirs publics ou par des associations sont disponibles dans les lieux d’accueil ou de documentation.
Des Consultations jeunes consommateurs sont ouvertes dans tous les départements. Sans rendez-vous, elles sont anonymes et gratuites et ouvertes aussi bien aux jeunes qu’à leur entourage.
Pour les aider à mieux évaluer leurs consommations et leurs conséquences sur leur travail et leur vie sociale ;
Pour délivrer des conseils et des informations, adaptés à leur situation, qui s’appuient sur des données scientifiquement validées ;
Pour proposer aux usagers qui le souhaitent une prise en charge brève ;
Pour accueillir et soutenir les parents en difficulté du fait des consommations de leurs enfants.
Des Centres spécialisés de soins en toxicomanie et en alcoologie.
Des Point Accueil Écoute Jeunes (PAEJ).
A tout moment, les services téléphoniques spécialisés proposent un accueil, une écoute, des informations, des conseils et aident à trouver des lieux d’accueil compétents.
Vouloir quelque chose pour quelqu’un qui ne le désire pas lui-même représente a priori une situation d’impasse. De plus, face à l’insistance d’un proche ou d’un parent le jeune usager peut se sentir incapable de se conformer à leur volonté. Il faut parfois se contenter de proposer des informations (sur les risques du cannabis, les numéros de téléphone et adresses utiles), d’être à l’écoute, de témoigner de l’attention, de s’adresser à des professionnels pour réfléchir avec eux à une attitude adaptée. Les parents ne peuvent pas décider seuls de l’arrêt de l’usage de leur enfant, surtout s’il est dépendant. Dans certains cas, l’usager s’organise pour réduire sa consommation et en limiter les risques. Il vit le fait d’y parvenir comme un pas en avant, alors que son entourage ne voit qu’une seule chose, c’est qu’il continue. Toutes les discussions sur ce sujet risquent alors d’être en décalage. Il faut souvent du temps entre le moment où une personne commence à percevoir la nocivité de son usage et le moment où elle se sent prête à y renoncer. Quand l’usage de cannabis s’accompagne de difficultés importantes, troubles du comportement, troubles scolaires graves, les parents doivent chercher une aide, qu’ils soient ou non accompagnés par l’usager dans cette démarche. Pour l’entourage comme pour les usagers, dans tous les cas, il existe des lieux d’accueil et d’écoute pour être soutenu et conseillé lorsqu’on souffre d’une telle situation.
La difficulté d’arrêter n’est pas la même pour un fumeur occasionnel ou pour un fumeur régulier. Sur le plan physiologique, il faut rappeler que la dépendance au tabac (souvent associé au cannabis) complique l’arrêt du cannabis car l’habitude et le plaisir de fumer sont relancés à chaque cigarette. Comme pour le sevrage du tabac, il est nécessaire de modifier certaines de ses habitudes pour envisager le quotidien sans cannabis. Un autre obstacle à l’arrêt peut être la dépendance psychologique, c’est-à-dire l’envie impérieuse de fumer, de ressentir l’ivresse. L’idée de se passer d’un produit qu’on utilise régulièrement est angoissante pour de nombreux usagers. Certains moments vont être plus difficiles et il faut imaginer à l’avance par quels moyens on va pouvoir résister à la tentation. Par ailleurs, certains problèmes masqués par les effets du cannabis peuvent se manifester à nouveau dès l’arrêt : troubles du sommeil, nervosité, irritabilité, anxiété. Ils peuvent décourager une tentative sincère de sevrage. Que l’arrêt soit possible ne signifie pas qu’il soit facile et rapide à mettre en place. La décision d’arrêter, qui revient à l’usager, peut être accompagnée et soutenue par un professionnel (médecin ou psychologue par exemple) qui aidera à en parler, à apprécier les risques liés à l’usage et les moyens qui peuvent aider à la réussite.
Le dialogue est souvent conseillé aux personnes qui veulent aider quelqu’un qui prend des drogues mais plusieurs éléments peuvent le rendre difficile. Dans la relation entre parents et adolescents, le dialogue peut être difficile d’une façon générale. L’adolescent cherche à préserver son intimité, alors que ses parents ont tendance à être inquiets et donc à poser beaucoup de questions. Les limites sont vécues comme des contraintes et plus la pression est forte plus le jeune peut vouloir y échapper. Quel que soit le cadre de la relation, un dialogue peut également être rendu difficile parce que l’usager lui-même ne reconnaît pas avoir de problèmes avec sa consommation. Les parents peuvent néanmoins dire leurs inquiétudes, exprimer leurs interrogations et leurs observations pour souligner que ce qui lui paraît normal peut paraître inquiétant pour d’autres. Dialoguer n’aboutit pas forcément ni immédiatement à l’arrêt de toute consommation. Se parler est l’occasion d’établir ou de rétablir un échange et une confiance réciproques, de remettre en question certaines habitudes, de provoquer une réflexion, de partager une certaine complicité. Les propos échangés semblent parfois se perdre. Ils peuvent aussi montrer leur utilité plus tard et permettre de reprendre l’échange là où il s’était arrêté. Enfin, le dialogue est un moyen nécessaire, mais pas une fin en soi. On peut se sentir mieux après avoir parlé, tout en ayant conscience que le problème persiste. Il peut parfois être important de trouver une aide extérieure en rencontrant quelqu’un qui pourra apporter des informations, faire des observations, proposer un dialogue qui n’est pas toujours facile au sein même de la famille.
Avant tout, mieux vaut éviter de faire comme si on ne savait rien. Dire ce que l’on sait et parler de ses craintes sont les moyens les plus simples pour aborder cette situation. Dans le dialogue à propos de la drogue, il est normal que les parents puissent dire leur inquiétude même si elle n’est pas partagée. Leur rôle est aussi d’expliquer pourquoi ils s’inquiètent afin de savoir si leur enfant a besoin d’aide. Fumer un joint ne rend pas toxicomane, de même que boire un verre de vin ne rend pas alcoolique ; en revanche, fumer ou boire comporte des risques dont il faut pouvoir parler.
Le plus simple est de lui poser la question, même si la réponse peut être difficile à entendre, et d’entamer un dialogue à propos d’une éventuelle consommation. Bien sûr, ce premier échange peut rester insatisfaisant, sans effets immédiatement perceptibles. L’incertitude, également, peut persister mais il n’est pas nécessaire d’avoir des preuves d’un usage de cannabis pour en parler. Il est légitime et nécessaire que des parents cherchent à savoir si leur enfant fume du cannabis, de la même manière qu’ils s’inquiètent de sa santé ou de sa sécurité à propos des sports à risques, de la circulation routière ou de la sexualité. L’usage de cannabis est un sujet aussi important qu’un autre et, comme pour tous les sujets importants, un adolescent peut éprouver des réticences à en parler avec ses parents. Il faut donc accepter que le sujet soit simplement évoqué et pouvoir lui indiquer, si cela semble nécessaire, des lieux ou des personnes avec qui il pourra en parler plus librement. Si un dépistage de drogues peut être prescrit par un médecin à la demande de parents d’enfants mineurs (pour des enfants majeurs l’accord de ces derniers est indispensable), nous déconseillons néanmoins une telle démarche : un résultat positif n’indique pas la fréquence de l’usage, ni sa durée et encore moins ses causes.
L’usage de cannabis provoque des effets dont certains peuvent être apparents mais ils varient considérablement d’une personne à l’autre. Il n’existe donc pas de signes physiques qui démontrent avec certitude un usage de cannabis. Une impression peut toujours être trompeuse et le soupçon, justifié ou non, venir compliquer un dialogue éventuel. En revanche, des comportements ou des attitudes inhabituels peuvent légitimement être soulignés par des parents soucieux du bien être de leurs enfants.
C’est souvent la curiosité, l’envie de découvrir quelque chose dont on entend parler, la sollicitation de l’entourage, le désir d’appartenir à un groupe en partageant les mêmes expériences qui poussent aux premières consommations. Ensuite, comme toutes les drogues, le cannabis peut être consommé pour deux grands types de raisons. Soit pour se faire plaisir (se sentir bien, détendu, à l’aise avec ses amis...) ; soit pour soulager et calmer des tensions, échapper à la réalité, tenter d’oublier ses problèmes. Parfois les raisons se superposent mais, dans tous les cas, le fait d’en consommer régulièrement fait oublier que l’on peut vivre sans et peut conduire à en devenir dépendant. Ceci est valable avec le cannabis comme avec le tabac ou l’alcool. Ceci est valable pour les jeunes comme pour les adultes.
Peu de choses précises : les interactions entre les drogues produisent des effets mal connus car difficiles à identifier et à mesurer. Cependant, il apparaît, par exemple, que l’association de l’alcool et du cannabis augmente sérieusement les effets de l’un comme de l’autre. La prudence doit conduire à éviter les mélanges et à les considérer comme un risque supplémentaire aux conséquences imprévisibles.
Il est important à ce sujet de distinguer les troubles mentaux passagers, ou aigus, des maladies mentales.
Des troubles passagers comme l’anxiété, les crises de panique, des épisodes dépressifs ou délirants peuvent être déclenchés par un usage de cannabis, même occasionnel. Ils peuvent parfois nécessiter une hospitalisation et des traitements médicamenteux, mais ils disparaissent habituellement en quelques semaines.
Quant aux maladies mentales qui affectent durablement les personnes, il est établi que l’usage de cannabis peut déclencher des troubles graves chez les personnes prédisposées. Il peut également aggraver les troubles des personnes déjà atteintes.
A propos de la schizophrénie : plusieurs études suggèrent que le risque d’apparition de cette maladie mentale est plus élevé au sein de la population des personnes ayant consommé du cannabis à de nombreuses reprises avant 18 ans. Ce risque augmenterait encore avec l’importance et la précocité de la consommation. De nombreuses études ont montré que le cannabis pourrait accélérer l’apparition de troubles mentaux chez des personnes qui, plus fragiles ou vulnérables, seraient déjà susceptibles de les développer.
Oui. Toute profession qui engage sa propre sécurité et a fortiori celle d’autrui est une profession à responsabilité : transports, conduite de machines-outils, port d’armes, etc. D’ailleurs, l’usage de cannabis, ou d’autres drogues, interdit l’exercice de certaines professions et des tests de dépistage sont pratiqués couramment par des entreprises comme Air France, la SNCF ou la RATP. Toute tâche qui demande de la concentration, de la vigilance, de la mémoire et une bonne appréciation de son environnement est incompatible avec les effets du cannabis.
Toutes les sciences de l’homme (psychologie, neurologie, biologie, sociologie, etc.) montrent que les transformations du corps et des comportements, à l’adolescence, correspondent à une étape très importante de la croissance et de la formation de la personnalité. A cette période de la vie, l’usage régulier de drogues comme le cannabis ou l’alcool présente donc des risques majeurs :
• celui de rechercher et d’éprouver une impression de détente et de mieux être uniquement à travers l’usage de drogues ;
• celui d’écarter les sensations de mal être, d’angoisse ou de stress grâce à des drogues ;
• celui de devenir dépendant de drogues sans lesquelles on ne se sent pas bien. Or le développement même de la personne suppose que ses relations aux autres et au monde extérieur ne soient pas fonction des drogues qu’elle consomme.
Les effets du cannabis, notamment la sensation de « planer » souvent décrite par les usagers, limitent la capacité et l’intérêt à réaliser des tâches d’apprentissage ou des tâches qui demandent une certaine concentration (scolaires, professionnelles, etc.). Aussi, sous l’effet d’une consommation régulière de cannabis, les projets de toutes sortes peuvent apparaître plus difficiles et moins motivants. En cela, l’usage de cannabis peut conduire à une réelle réduction d’un certain nombre d’activités et d’initiatives pourtant nécessaires à la vie personnelle et à l’intégration sociale.
Le cannabis altère la mémoire immédiate et peut donc diminuer les capacités d’apprentissage. La mémoire immédiate est celle qui permet de garder en mémoire quelque chose que l’on vient d’entendre, de voir, de percevoir. Sous l’effet du cannabis, la personne n’éprouve pas de difficulté à se souvenir des choses apprises dans le passé, mais elle peut connaître une forte diminution de sa capacité à apprendre les choses nouvelles et à s’en souvenir. Ce trouble de la mémoire dure le temps que durent les effets du cannabis, c’est-à-dire quelques heures. En l’état actuel des connaissances, la mémoire ne semble pas affectée au-delà de cette période.
Non, en France le cannabis n’est pas utilisé par la communauté médicale. Les médicaments à base de cannabis ne peuvent pas être prescrits car leur efficacité thérapeutique est considérée comme moins importante que celle des médicaments existants.
Les études sur les risques de l’usage de cannabis pendant la grossesse sont rares et aucune ne fournit de réponses précises à cette question. Le risque le plus fréquemment évoqué est un retard de poids et de taille à la naissance ainsi que des problèmes respiratoires chez l’enfant. Mais les travaux scientifiques ne signalent pas de risques particuliers de malformations dues à l’usage de cannabis. L’abstinence de tout usage de drogue, alcool et tabac compris, pendant la grossesse est une attitude de bon sens qu’il faut recommander. Si une future maman rencontre des difficultés pour arrêter de fumer du cannabis, elle peut solliciter, en toute confidentialité, l’aide et les conseils du médecin qui assure le suivi de sa grossesse ou d’une structure spécialisée de soins.
Tous les produits fumés (tabac, cannabis, etc.) produisent des composants dangereux pour les voies respiratoires du simple fait de la combustion et de l’inhalation des composants et des goudrons. Des études récentes suggèrent un risque accru de cancer lié à la consommation de cannabis et cela, indépendamment de la consommation de tabac souvent associée.
Oui. Les effets du cannabis fumé sur les poumons sont proches de ceux du tabac. De plus, le THC dilate les bronches et les alvéoles pulmonaires et permet à la fumée d’y pénétrer plus facilement. Cela peut provoquer l’irritation de la gorge et des bronches (voie enrouée, toux, bronchite). De récentes études montrent que la survenue de cancer des voies respiratoires et du poumon chez les sujets de moins de 40 ans est souvent associée à un usage régulier de cannabis.
Le cannabis peut provoquer une accélération du rythme cardiaque et être responsable de palpitations. Par ailleurs, l’oxyde de carbone contenu dans la fumée peut provoquer des lésions du muscle cardiaque. Aussi, les personnes souffrant de pathologies cardiaques seront plus exposées à des risques de complications.
L’expérimentation animale a montré que les substances contenues dans le cannabis peuvent être à l’origine de perturbations dans la production des hormones sexuelles mâles et femelles. Il n’existe cependant pas de preuve d’une action du cannabis sur la fertilité.
Non. Dans le langage courant, une overdose est une consommation trop importante pouvant provoquer la mort par arrêt cardiaque ou insuffisance respiratoire. Jusqu’à présent, aucun cas de décès directement lié à une intoxication aiguë au cannabis n’a été rapporté.
Les effets varient à la fois selon chaque personne, le contexte dans lequel elle consomme, la quantité et la concentration du cannabis en THC. D’une manière générale, fumer du cannabis provoque une ivresse dès les premières bouffées. Parfois cette première consommation peut provoquer un sentiment de malaise ou d’angoisse. Parfois il arrive que le consommateur ne ressente aucun effet. L’ivresse provoquée par le cannabis peut se traduire par un sentiment de détente, de bien-être, voire d’euphorie, que les usagers désignent par l’expression « planer ». Progressivement, d’autres effets peuvent apparaître : perceptions sensorielles plus intenses, modification de l’appréciation du temps et de l’espace, désinhibition (facilitation de la parole et de la relation aux autres). Ces effets s’accompagnent de sensations physiques comme l’irrésistible envie de manger, la bouche sèche, l’augmentation du rythme cardiaque. Ils s’estompent en quelques heures.
Les composants actifs contenus dans la fumée de cannabis passent des poumons dans le sang et atteignent le cerveau en moins d’une minute. Même s’il reste des traces de cannabis dans l’organisme pendant plusieurs jours ou semaines en cas de consommation régulière, les effets sur les sensations, les perceptions, les comportements durent de 2 à 4 heures. Lorsque le cannabis est ingéré, les effets n’apparaissent qu’après digestion (1 à 2 heures) et ont une durée un peu plus longue (4 à 6 heures).
Oui. Dès qu’il devient difficile de se passer de cannabis, on peut parler de dépendance. Avec les drogues, la dépendance peut se manifester de deux manières.
Physiquement, lorsque le manque provoque une souffrance intense qui ne peut être calmée qu’avec une nouvelle prise de drogue ou avec un traitement approprié.
Psychologiquement, lorsque l’usager ressent la nécessité, peu à peu quotidienne, de consommer pour retrouver les effets et les sensations qu’elles procurent. Avec le cannabis, il n’y a pas de signes physiques caractéristiques de la dépendance.
En revanche, les signes de dépendance psychologique sont beaucoup plus fréquents. Ils se manifestent notamment par un sentiment de malaise, par une plus grande irritabilité (énervement, stress), par des troubles du sommeil qui apparaissent lorsque l’usager manque de cannabis. Bien sûr, comme avec les autres drogues, l’intensité de la dépendance est liée aux habitudes de consommation, aux quantités utilisées, à la personnalité de l’usager, à ses conditions de vie.
Ainsi, plus l’usage de cannabis est fréquent, plus l’usager se sent mal quand il n’en a pas ou quand il redoute de ne pas en avoir, plus le risque de dépendance est important. Un usager régulier qui arrête de consommer a besoin de temps pour s’adapter à une vie sans cannabis.
L’arrêt peut être difficile à surmonter et, comme avec toutes les drogues, il peut laisser réapparaître un mal-être que l’usage de drogue visait à cacher.
Ainsi, décider d’arrêter est bien plus qu’une question de volonté. Plus la personne qui souhaite arrêter est dépendante, plus ce passage peut être difficile et nécessiter une aide extérieure.
L’expression « bad trip » signifie, en anglais, mauvais voyage. Elle désigne un sentiment de malaise intense et de perte de contrôle de soi pouvant se transformer en véritable traumatisme et laisser un souvenir marquant : crise de panique, angoisse, sentiment de persécution. Des usagers, souvent peu habitués à l’usage de cannabis, appellent également « bad trip » les nausées qui surviennent parfois et qui cessent avec les vomissements. Certains facteurs peuvent favoriser l’apparition d’un « bad trip » : mélange avec l’alcool ou d’autres drogues, première expérience du cannabis, contexte défavorable... Lorsqu’une personne fait un bad trip, il faut rester calme et faire son possible pour la calmer également. Dans la mesure du possible, il faut sortir faire quelques pas avec elle dans un endroit calme et aéré, la tranquilliser et la rassurer : les effets vont se dissiper. Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à demander de l’aide au 112 ou le 15 ou le 18.
Le « fumeur passif » est celui qui ne fume pas lui-même mais qui respire la fumée dégagée par les fumeurs. Comme avec le tabac, l’exposition passive, quand elle est régulière, représente un risque pour la santé, notamment pour les voies respiratoires, mais elle n’est que rarement suffisante pour ressentir les effets du cannabis.